Impayés · Recouvrement

Facture impayée dans le bâtiment : pénalités et recouvrement

Par l'équipe BTP Ecosystem · Mis à jour le 16 septembre 2026 · Chaque obligation citée renvoie à sa source — voir les 7 sources

Un impayé n'est pas une fatalité, c'est une procédure. Le problème, c'est que la plupart des artisans laissent filer les mois sans envoyer la seule lettre qui compte — et découvrent la prescription quand il est trop tard.

Ce guide donne le calcul exact des pénalités, ce que vous pouvez réclamer sans même le demander, et l'ordre des démarches — jusqu'à l'injonction de payer, dont la procédure a changé le 1er septembre 2026.

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L'essentiel en 30 secondes

Dues sans rappel

Les pénalités de retard courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans lettre ni relance.

40 € par facture

Une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € est due pour chaque facture payée en retard.

2 ans ou 5 ans

Votre créance se prescrit en 2 ans face à un particulier, en 5 ans entre professionnels.

Procédure réformée

Depuis le 1er septembre 2026, l'injonction de payer se signifie sous 3 mois au lieu de 6.

Le calcul

Ce que vous pouvez réclamer, et à partir de quand

Rien de tout cela ne suppose une relance : la loi l'accorde de plein droit.

Entre professionnels, les pénalités de retard sont exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture. Aucun rappel n'est nécessaire, et il n'y a pas de délai de grâce : le lendemain de l'échéance, la pénalité court.

  • Le taux est celui que vous avez indiqué sur la facture. À défaut de stipulation, il est égal au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points de pourcentage.
  • Ce taux ne peut en aucun cas être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal.
  • S'y ajoute une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à 40 €, due pour CHAQUE facture en retard — pas une seule fois par client.
  • Si vos frais de recouvrement réels dépassent ce forfait, vous pouvez en demander le complément, sur justificatifs.

Ces mentions doivent déjà figurer sur vos factures

Le taux des pénalités et l'indemnité de 40 € sont des mentions obligatoires des factures entre professionnels. Une facture qui ne les porte pas vous met en défaut au moment même où vous voudriez vous en prévaloir — et c'est exactement le moment où votre client le remarquera.

Ce que vous réclamezBaseConditions
Le principalLe montant TTC de la factureDès l'échéance
Les pénalités de retardTaux de la facture, à défaut taux BCE + 10 points, jamais moins de 3× le taux légalDe plein droit, sans rappel
L'indemnité forfaitaire40 € par facture en retardDe plein droit, sans justificatif
Le complément de fraisFrais réels de recouvrement au-delà de 40 €Sur justificatifs

Face à un particulier, ces règles ne s'appliquent pas

Le Code de commerce régit les relations entre professionnels. Pour un client consommateur, ce sont votre devis et vos conditions générales qui fixent l'échéance et le taux des pénalités — encore faut-il les y avoir écrits. Sans clause, vous ne pouvez réclamer que les intérêts au taux légal, à compter de la mise en demeure.

Le piège du temps

Votre créance a une date de péremption

Et elle n'est pas la même selon qui vous doit de l'argent.

Votre clientDélai de prescriptionCe que ça implique
Un particulier (consommateur)2 ansUne facture de chantier de septembre 2026 est perdue en septembre 2028
Un professionnel5 ansPlus de marge, mais le débiteur peut disparaître bien avant
Le délai court à compter du jour où la créance est devenue exigible. Une mise en demeure ne l'interrompt pas — seule une action en justice, une reconnaissance de dette ou un acte d'exécution le fait.

Deux ans, c'est plus court que ça n'en a l'air

Entre le chantier, la relance téléphonique, les promesses, l'été, et le moment où l'on se décide, deux ans passent vite. Sur un client particulier, considérez que vous avez un an pour agir sérieusement — pas deux. Passé ce délai, la dette existe toujours, mais votre client peut en refuser le paiement et aucun juge ne vous suivra.

Étapes

Les trois étapes à faire soi-même

Elles règlent la grande majorité des impayés, et elles ne coûtent rien.

  1. 1
    La relance écrite, dès le lendemain de l'échéance

    Un e-mail simple rappelant le numéro de facture, la date d'échéance dépassée, le montant, et le fait que les pénalités courent désormais. La plupart des retards sont des oublis administratifs — et un e-mail daté vaut mieux qu'un appel dont il ne restera rien.

  2. 2
    La facture de pénalités

    Émettez une facture distincte reprenant les pénalités calculées et l'indemnité de 40 €. Beaucoup d'artisans y renoncent par crainte de froisser le client : c'est précisément parce qu'on ne les facture jamais qu'on paie les artisans en dernier.

  3. 3
    La mise en demeure recommandée

    C'est le document qui change tout. Lettre recommandée avec accusé de réception, portant expressément les mots « mise en demeure », le détail de la créance, un délai précis pour payer (huit à quinze jours), et l'annonce des suites judiciaires. C'est elle qui fait courir les intérêts face à un particulier, et qui sert de pièce au tribunal.

Ce que la mise en demeure doit contenir

Vos coordonnées et celles du débiteur, la référence du devis et des factures, le décompte du principal et des pénalités, le délai imparti, la mention « mise en demeure de payer », la date et la signature. Conservez l'accusé de réception : sans lui, vous n'avez pas de preuve de la date.

Réforme du 1er sept. 2026

Si la mise en demeure ne suffit pas

Trois voies, selon le montant, l'urgence, et le caractère contestable ou non de la créance.

VoieQuand la choisirCe qu'il faut savoir
Procédure simplifiée des petites créancesCréance inférieure à 5 000 €, non contestéeMenée par un commissaire de justice, sans juge ; elle suppose l'accord du débiteur pour aboutir
Injonction de payerCréance certaine et non sérieusement contestableRapide et peu coûteuse, sans audience préalable ; mais une opposition du débiteur bascule le dossier en procédure ordinaire
Référé-provisionCréance non sérieusement contestable, besoin d'aller viteContradictoire dès le départ, décision en quelques semaines, exécutoire de droit même en cas d'appel

La procédure d'injonction de payer a été réformée au 1er septembre 2026. Deux délais ont changé : le créancier dispose désormais de trois mois — et non plus de six — pour faire signifier l'ordonnance par un commissaire de justice, et l'ordonnance devient titre exécutoire à l'expiration d'un délai de deux mois suivant sa signification, en l'absence d'opposition.

Trois mois, c'est un délai qu'on rate

Obtenir l'ordonnance et oublier de la faire signifier dans les trois mois la rend non avenue : tout est à refaire. Si vous engagez une injonction de payer, notez la date limite de signification le jour même où l'ordonnance vous parvient.

Le référé-provision est souvent le meilleur choix en BTP

Face à un client qui ne conteste rien mais ne paie pas, l'injonction de payer est plus simple. Mais dès qu'il existe un risque d'opposition dilatoire — un client qui invoque de vagues malfaçons pour gagner du temps — le référé-provision évite le retour à la case départ, et sa décision s'exécute immédiatement.

Prévention

Ce qui évite l'impayé avant qu'il n'existe

  • Un acompte à la commande, écrit « acompte » et non « arrhes », qui engage définitivement le client.
  • Des situations mensuelles plutôt qu'une facture unique à la fin : un impayé détecté au bout d'un mois vaut mieux qu'un impayé découvert après six mois de travaux.
  • Un échéancier au devis, avec la date exacte de chaque règlement, plutôt qu'un « paiement à réception ».
  • En sous-traitance, la caution ou la délégation de paiement exigée AVANT le démarrage — la loi la rend obligatoire à peine de nullité du sous-traité.
  • Sur un marché important, une vérification de solvabilité : un extrait Kbis et les comptes publiés coûtent quelques euros et disent beaucoup.
  • Une relance automatique dès le lendemain de l'échéance, qui ne dépend pas de votre disponibilité du moment.

L'arme la plus sous-estimée : facturer les pénalités

Une entreprise qui facture systématiquement ses pénalités et son indemnité de 40 € est payée plus vite que celle qui n'en parle jamais — non pas parce qu'elle encaisse les pénalités, mais parce qu'elle sort de la catégorie des fournisseurs qu'on peut faire attendre.

Avec BTP Ecosystem

Les impayés se voient, et les relances partent seules

  • Le taux des pénalités et l'indemnité de 40 € sont portés automatiquement sur les factures entre professionnels.
  • Chaque facture a une échéance réelle, et les retards remontent dans un suivi plutôt que de se perdre dans la boîte mail.
  • Des relances automatiques partent à l'approche puis au dépassement de l'échéance, sans dépendre de votre disponibilité.
  • Les acomptes et les situations se déclenchent depuis le devis, ce qui réduit l'exposition sur un chantier long.
  • L'encours par client est visible, chantier par chantier, avec ce qui est facturé, encaissé et en retard.

En préparation

Un modèle de mise en demeure prérempli depuis la facture, avec le décompte des pénalités, est en cours de développement. Aujourd'hui, le détail des sommes dues s'exporte depuis le suivi des factures.

Questions fréquentes

Vos questions

À partir de quand puis-je facturer des pénalités de retard ?

Dès le lendemain de la date de règlement figurant sur la facture, entre professionnels. Les pénalités sont exigibles de plein droit : aucun rappel, aucune mise en demeure préalable n'est nécessaire. Le taux est celui indiqué sur votre facture, et il ne peut être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal.

Comment se calcule le taux des pénalités de retard ?

C'est en principe le taux que vous avez stipulé sur la facture. À défaut, la loi retient le taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points de pourcentage. Dans tous les cas, le taux ne peut être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal.

L'indemnité de 40 € est-elle due par facture ou par client ?

Par facture. L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € est due pour chaque facture réglée en retard. Si vos frais de recouvrement réels dépassent ce montant, vous pouvez en demander le complément, sur justificatifs.

Combien de temps ai-je pour réclamer une facture impayée ?

Deux ans face à un client particulier, cinq ans entre professionnels, à compter du jour où la créance est devenue exigible. Attention : une simple relance ou une mise en demeure n'interrompt pas la prescription. Seuls une action en justice, une reconnaissance de dette du débiteur ou un acte d'exécution la font repartir.

Injonction de payer ou référé-provision : que choisir ?

L'injonction de payer est plus simple et moins coûteuse, sans audience préalable — mais une opposition du débiteur, même sans motif sérieux, annule l'ordonnance et renvoie en procédure ordinaire. Le référé-provision est contradictoire dès le départ, aboutit en quelques semaines et sa décision est exécutoire de droit, même en cas d'appel. Face à un client susceptible de contester pour gagner du temps, le référé est plus sûr.

Qu'est-ce qui a changé au 1er septembre 2026 pour l'injonction de payer ?

Deux délais. Le créancier dispose désormais de trois mois, au lieu de six, pour faire signifier l'ordonnance par un commissaire de justice — passé ce délai, elle est non avenue. Et l'ordonnance devient titre exécutoire à l'expiration d'un délai de deux mois suivant sa signification, en l'absence d'opposition.

Mon client invoque des malfaçons pour ne pas payer : que faire ?

Il ne peut suspendre que la part contestée, pas la totalité. Chiffrez précisément les reprises invoquées, proposez par écrit une intervention datée, et réclamez le paiement du solde non contesté. Si la contestation est manifestement dilatoire, le référé-provision est la voie adaptée : le juge peut accorder une provision dès lors que l'obligation n'est pas sérieusement contestable.

Cette page est un repère professionnel, pas une consultation. Elle ne remplace ni votre expert-comptable, ni un avocat fiscaliste : pour un cas particulier — un montage, un litige, un contrôle — faites valider votre situation par un professionnel du chiffre ou du droit.

Sources

Sources officielles

Les obligations, seuils, taux et montants cités sur cette page ont été vérifiés le 16 septembre 2026 auprès des sources ci-dessous. En cas d'évolution, ce sont ces textes qui font foi — pas cette page.

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